Lutte contre les Fake News au Nigeria : Des journalistes formés pour défendre la vérité

FactCheckAfrica, une ONG engagée dans la bataille contre la désinformation, a récemment organisé un atelier au Mahogany Hotel and Suites à Ibadan, formant plus de 80 journalistes universitaires et indépendants des régions du Sud-Ouest et du Centre-Nord du pays. L’objectif de cette initiative est de renforcer la capacité des médias à vérifier les faits et à promouvoir une information responsable.

Dans son discours d’ouverture, Nurah Jimoh, directrice exécutive de Brain Builders Youth Development Initiative (BBYDI), a souligné l’urgence de doter les journalistes d’outils pour combattre la montée des fausses nouvelles. « Nous comprenons le formidable défi que représente la lutte contre la pollution de l’information. Nous voulons doter les participants des armes nécessaires. Nous nous dirigeons vers un avenir où les faits triomphent de la fiction », a déclaré M. Jimoh.

Les participants ont été guidés par des experts du domaine, dont Damilola Fajinmi, formatrice en médias, qui a insisté sur l’importance de l’éthique journalistique. Elle a exhorté les participants à respecter l’étiquette morale dans leur travail et à contribuer à la préservation de la crédibilité des médias dans un monde souvent perçu comme corrompu.

Un autre intervenant, Michael Olatunbosun, journaliste de Splash FM Ibadan, a plaidé en faveur de l’utilisation judicieuse de la loi sur la liberté de l’information. « Toute personne a le droit à l’information. La loi sur la liberté de l’information a été promulguée en 2011, et il est crucial que les journalistes en connaissent les tenants et les aboutissants pour exercer leurs droits », a-t-il souligné. Dans la même veine, Ifedayo Ogunyemi du Nigerian Tribune a dirigé une session sur la vérification des faits, insistant sur l’importance de ne pas compromettre la vérité. Il a rappelé aux participants que le fact-checking n’est pas une nouveauté, remontant ses racines au début du journalisme, bien avant que le terme ne soit formellement adopté.

L’événement a également été marqué par le lancement de Myaifactchecker, un outil d’intelligence artificielle qui promet d’accélérer le processus de vérification des faits. Lukman Adeoti du BBYDI a présenté l’outil en expliquant comment il peut rapidement éclairer sur la validité d’une affirmation. Oluwafemi Oluwaseye et Afeez Rabiu, membres de l’équipe de FactCheckAfrica, ont présenté aux participants le Factchecking Style Book, fournissant ainsi un guide utile pour un journalisme basé sur les faits. Les réactions des participants ont été positives. Biliaminu Manne, rédacteur en chef d’ObserverMag, a salué le lancement de Myaifactchecker comme un « développement massif ». Il a exprimé son étonnement face aux fonctionnalités de l’outil, le considérant comme un outil de vérification des faits de premier plan.

Musbau Sulaimon, journaliste à l’Université d’Ibadan, a souligné l’importance de l’apprentissage de la méthodologie de vérification des faits et des outils numériques associés. « Cet atelier m’a permis d’acquérir les connaissances nécessaires pour vérifier les affirmations », a-t-il ajouté. Fatimoh Iderah, une journaliste de l’Université Adekunle Ajasin, a également exprimé sa gratitude envers FactCheckAfrica pour avoir organisé un atelier stimulant pour les journalistes du campus. Elle a particulièrement apprécié le caractère interactif de la formation, soulignant son impact sur la créativité des participants.

En somme, cet atelier de FactCheckAfrica s’est révélé être un pas significatif dans la lutte contre la désinformation au Nigeria, armant les journalistes de connaissances et d’outils nécessaires pour défendre la vérité et la responsabilité dans le domaine de l’information.

🇬🇧